Une expérimentation pour rendre les mathématiques plus accessibles

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Une expérimentation pour rendre les mathématiques plus accessibles
Une expérimentation pour rendre les mathématiques plus accessibles - Virginie Leroux

Comment rendre l’enseignement des mathématiques plus accessible aux étudiants ? C’est la question au cœur d’une expérimentation menée par Virginie Leroux, enseignante en mathématiques, en collaboration avec l’Observatoire de la Transformation Pédagogique (OTP) de l’Université de Montpellier.

Les étudiants accueillis à l’Université, présentent de plus en plus de troubles neurodéveloppementaux (TND), tels que les troubles « dys », des troubles du déficit de l’attention (TDA) ou encore les troubles du spectre de l’autisme (TSA). En parallèle, un constat est clair : les mathématiques sont souvent un enseignement dans lequel les étudiants, quels que soient leurs profils, éprouvent de la difficulté.

Forte de son expérience d’enseignante spécialisée et de formatrice d’enseignants spécialisés, Virginie Leroux a souhaité transposer à l’enseignement universitaire certaines pratiques issues de la pédagogie inclusive.

« L’objectif était de voir si les outils d’accessibilité pédagogique utilisés avaient réellement un effet sur les étudiants présentant des TND. Mon hypothèse complémentaire était que les étudiants n’ayant pas de troubles ne devraient, au pire, pas être gênés et, au mieux, pouvoir également en profiter. »

Cette expérimentation s’appuie sur 4 outils relativement simples à mettre en place dans un enseignement de mathématiques :

  • Une attention sur la levée des implicites mathématiques, pour expliciter le vocabulaire et les formulations spécifiques aux mathématiques ;
  • Un repérage visuel par codes couleurs, afin de faciliter l’identification des informations importantes ;
  • Une construction progressive des formules, permettant de décomposer les étapes du raisonnement ;
  • La schématisation des notions, pour proposer une autre manière de représenter et de comprendre les concepts.

Menée auprès de 73 étudiants de troisième année licence, l’étude réalisée avec l’OTP a permis d’évaluer l’impact de ces outils sur les apprentissages et l’expérience des étudiants.

Les résultats viennent confirmer l’hypothèse de départ : les 4 outils mis en place apportent un bénéfice significatif aux étudiants présentant des troubles neurodéveloppementaux et les étudiants ne présentant pas de TND ne sont pas gênés par l’utilisation de ces dispositifs.

Au-delà des seuls enseignements de mathématiques, cette expérimentation ouvre ainsi une réflexion plus large sur les pratiques pédagogiques inclusives à l’université avec des outils simples, pensés pour répondre à certains besoins spécifiques.

À propos de Virginie Leroux

Enseignante en mathématiques à Montpellier Management, Virginie Leroux est également responsable pédagogique de la L2 AES et référente pédagogique Handicap. Agrégée de mathématiques et titulaire d’une certification d’aptitude à l’enseignement aux jeunes sourds, elle développe depuis plusieurs années des pratiques pédagogiques visant à rendre les apprentissages plus accessibles.